Ces croyances toxiques qui sabotent votre couple sans que vous le sachiez

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Et si votre couple était saboté non par votre partenaire, ni même par belle-maman, mais par… des croyances invisibles qui travaillent en douce, tapies dans les recoins de votre inconscient ? Accrochez-vous, on plonge dans les croyances toxiques qui minent la vie à deux (sans même qu’on s’en doute).

La mythologie romantique : merci Zeus (mais pas trop)

Dans Le banquet, Platon raconte comment Zeus, las ou malicieux, sépara les hommes en deux moitiés. Résultat, chaque humain écume la planète pour retrouver sa moitié, histoire de se sentir enfin « complet ». Jolie histoire (merci Platon), mais ce mythe de la « bonne personne » s’est accroché à notre inconscient collectif comme une moule à son rocher.

Ce joli conte nourrit la conviction (ronronnante mais tenace) qu’il existerait une seule âme sœur pour chacun de nous, et qu’il suffirait de tomber sur la « bonne personne » pour flotter en apesanteur dans la félicité amoureuse éternelle. Facile. Trop facile ? C’est là que le bât blesse. Car cette croyance, en apparence inoffensive (voire motivante chez certains) n’aurait pas que des effets bénéfiques. Soudain, dès que le conte de fées bute sur le réel, c’est la déception, la frustration, voire le sentiment d’échec.

Croyances insidieuses, biais et distorsions cognitives

Camille Rochet, psychologue et autrice du livre Les cinq croyances qui empêchent d’être heureux en couple (Larousse, 2022), s’est penchée sur la question. Pour elle, la mythologie de la « bonne personne » fait partie d’un arsenal de croyances, quasi-invisibles, qui guident sans qu’on le sache notre vision du couple. Pêle-mêle : nos traditions culturelles, notre éducation, le modèle de nos parents, tout cela façonne un regard sur l’amour… bien souvent biaisé sans qu’on ne s’en rende compte.

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Bingo : l’humain court-circuite parfois la réalité. On parle ici de « biais inconscients » ou « distorsions cognitives ». Un petit grain de sable dans l’engrenage de la relation amoureuse, qui va orienter sournoisement nos choix, nos attentes et nos jugements. Parfois, sans qu’on le fasse exprès, on ne remarque que ce qui confirme nos croyances — et on zappe le reste. Camille Rochet l’explique très directement : « Malgré vous, vous ne relevez que les exemples qui tendent vers la réalisation de ces prophéties, en occultant ceux qui les infirment ». Bref, on se raconte des histoires (et pas toujours drôles).

  • On observe soi-même et son couple à l’aune d’un modèle appris
  • On filtre la réalité pour ne retenir que les détails qui « tiennent la route » avec nos idées préconçues
  • On oublie tout ce qui pourrait contredire nos propres attentes d’amour idéal

Là où ça coince, c’est que ces prophéties (trop) intérieures se transforment vite en pièges… qui nous piègent nous-mêmes.

L’éducation : formatage généralisé ou tremplin vers soi ?

L’éducation, souvent perçue comme un atout pour grandir en humanité, est ici vue d’un autre œil. À travers une critique acerbe, elle est qualifiée de « crime contre l’humanité », une entreprise de formatage où l’on apprend à être conforme aux attentes des Dominants, Dictateurs, Clergé, Rois ou Elus. Rien que ça. Résultat ? Le peuple finirait par vivre ce qu’on lui prescrit, par procuration, et non sa « propre vie ».

Dans la logique du couple, cela signifie que croire en soi, plutôt qu’en une vérité imposée de l’extérieur, pourrait être le sésame pour vivre authentiquement sa propre histoire d’amour, dégagée des stéréotypes et des schémas hérités. Nul ne nous est supérieur… si nous voulons vivre la seule chose qui vaille d’être vécue : notre propre vie.

En finir avec les croyances toxiques

En résumé, nos croyances — qu’elles viennent de mythes anciens, de nos éducateurs, ou de modèles parentaux — forment une armure dont il n’est jamais simple de se défaire. Bonne nouvelle : reconnaître ces distorsions cognitives, c’est déjà commencer à s’en libérer, et à regarder son couple (et l’amour tout court) avec un regard neuf : le sien.

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Un conseil en guise de conclusion ? Osez regarder vos histoires d’un œil neuf, et dépoussiérez de temps en temps vos vieilles croyances. Qui sait, vous croiserez peut-être votre moitié en chemin… mais libre à vous de marcher à côté, pas d’être recousus !

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