On les croit doux, on les aime rassurants, mais ces gestes dits tendres pourraient bien cacher un jeu bien plus retors que prévu… Derrière une main dans le bas du dos ou un câlin chavirant au moment où l’on voudrait simplement dire “non”, se cache parfois une volonté de manipuler. Et si l’amour se jouait – littéralement – du bout des doigts ?
Les gestes tendres… ou l’illusion du réconfort
- Une main qui “guide” dans le bas du dos
- Un bras attrapé au moment où vous essayez d’avancer… ou de reculer
- Un câlin donné pile au moment où vous exprimez un malaise
Ces gestes ont l’apparence de l’affection, mais attention : sous couvert de tendresse, ils peuvent être utilisés pour manipuler l’autre sans qu’il ou elle ne s’en rende vraiment compte. C’est ce que met en lumière la recherche publiée en août 2025 dans la revue Current Psychology, dirigée par Richard Mattson, professeur de psychologie à l’Université de Binghamton.
Le piège de la triade noire : quand les beaux gestes contrôlent
Le toucher est, en principe, synonyme de chaleur, réconfort et proximité dans un couple. Mais, selon l’étude, les personnes présentant des traits de la fameuse “triade noire” – narcissisme, machiavélisme et psychopathie (oui, tout un programme !) – exploitent plus volontiers ce canal pour exercer une forme de contrôle plutôt que d’envoyer un message d’amour. L’alarme sonne : quand l’affection devient une stratégie.
Parmi ces gestes, certains paraissent “protecteurs”, mais chercheraient surtout à rappeler qui mène la danse dans le couple. Les chercheurs dépeignent des attitudes répétitives : la main posée sur la nuque avec un air faussement tendre, ou le bras gentiment “guidé”. À force, ces petits actes fondent un rapport de domination bien plus qu’ils ne nourrissent la flamme de l’affection.
L’outil du silence : quand toucher rime avec “tais-toi”
Mais le toucher manipulateur ne s’arrête pas là. Il peut même servir à… éteindre l’autre émotionnellement. Ainsi, une main qui serre un peu trop fort pendant une dispute, une caresse parfaitement chronométrée pour clore un désaccord (performance digne d’un GPS émotionnel), ou encore un câlin débarquant pour interrompre l’expression d’une limite personnelle : voilà des exemples où la tendresse devient une arme de persuasion silencieuse.
Autre variante : une caresse ou une main posée, non pas pour choyer, mais pour obtenir quelque chose. “Le toucher peut être associé à d’autres canaux de communication pour favoriser la soumission d’un partenaire considéré comme subordonné”, souligne le professeur Mattson. Et hop, ni vu ni connu, la tendresse joue les agents doubles : un bras caressé juste avant de demander un service, une étreinte pour récolter un “oui”, une main sur l’épaule qui guide subtilement le choix de l’autre…
Quand la jalousie et l’anxiété se mêlent au jeu
Les chercheurs ont aussi mis en lumière un cas particulier : chez certains hommes anxieux ou jaloux, le toucher sert de bouclier… pour leur propre insécurité. Main serrée trop fort, enlacement “protecteur” ou fusion soudaine lorsque pointe une menace extérieure. Ces comportements ne sont pas toujours malveillants, mais finissent tout de même par nier l’autonomie du partenaire, sous couvert d’une fausse douceur.
Finalement, quel est le bon geste ? Il l’est s’il respecte le consentement, l’espace personnel et les émotions de l’autre, et qu’il ne surgit pas inlassablement pour couper court à la moindre tension ou jambe de discorde. Si chaque toucher vous fait changer de cap, influence vos décisions, ou se fait plus pressant quand vous osez un désaccord, pas de doute : ce n’est pas de l’amour, mais bien l’ombre de la manipulation.
- Le toucher de votre partenaire vous apaise-t-il ou vous inhibe-t-il ?
- L’étreinte arrive-t-elle essentiellement lors de conflits, de jalousie, ou au moment d’une demande ?
Si le doute vous gagne, le mieux reste d’en parler, ou de consulter. Le toucher, ce grand langage du corps, peut rapprocher quand il est bien utilisé, mais mal dosé, il manipule, isole et contraint.
Alors, avant de céder à la prochaine caresse d’apparence angélique, interrogez-vous : est-ce vraiment de l’amour… ou un habile stratagème pour éteindre la flamme de votre libre arbitre ?










