Ces traits de personnalité pourraient prédire des troubles cognitifs inattendus plus tard

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Oubliez la boule de cristal : votre personnalité en dit peut-être déjà long sur votre cerveau de demain ! Des chercheurs canadiens viennent de mettre le doigt sur un lien captivant entre certains traits de caractère et l’évolution de nos capacités mentales en vieillissant. Prêt(e)s à en découvrir les dessous ?

Quand la personnalité devient une affaire de mémoire

Comprendre pourquoi certaines personnes conservent leur vivacité d’esprit tandis que d’autres peinent de plus en plus avec l’âge, c’est le grand défi du moment dans la recherche sur le déclin cognitif. Si l’on connaît l’influence de certains choix de vie, l’équipe de l’Université de Victoria, au Canada, a eu l’idée de se pencher sur nos traits de personnalité comme potentiels indices prédictifs. Et si ce que nous sommes au quotidien préparait le terrain de notre santé cérébrale ?

Leur étude, publiée dans le réputé « Journal of Personality and Social Psychology » et relayée par l’Association Américaine de Psychologie, s’est concentrée sur trois chevaux de bataille bien connus des psychologues :

  • La conscience (goût de l’organisation, responsabilité, objectifs clairs… vous voyez le genre ?)
  • Le névrosisme (la tendance à se laisser submerger par les émotions négatives, l’anxiété et le doute de soi – coucou les stressés !)
  • L’extraversion (les amis de la machine à café, sociables, bavards et enthousiastes).

Selon la psychologue Tomiko Yoneda, ces traits sont des schémas de comportement relativement stables qui influencent nos habitudes et, à la longue, peuvent peser sur notre santé mentale à l’automne de la vie. Un cumul d’expériences, bonnes ou mauvaises, qui finirait par orienter nos vulnérabilités ou nos résistances aux maladies neurologiques liées à l’âge.

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Près de 2 000 volontaires épiés à la loupe

Pour vérifier cette piste, les chercheurs ont analysé les données de 1 954 seniors américains participants au « Rush Memory and Aging Project », une étude démarrée en 1997 dans le nord-est de l’Illinois. Leur point commun ? Aucun diagnostic de démence en début de parcours, une volonté de se plier à un test de personnalité, et une évaluation annuelle de leurs capacités cognitives. Un vrai marathon intellectuel !

Chaque participant s’est ainsi vu attribuer un score pour la conscience, le névrosisme et l’extraversion. Qu’a-t-on appris ?

  • Ceux qui affichent une forte conscience ou un faible névrosisme sont moins susceptibles de glisser d’une cognition normale à un trouble cognitif léger.
  • Pour chaque hausse de 6 points sur l’échelle de la conscience (allant de 0 à 48), le risque de déclin chute de 22 %.
  • Chez les grands « anxieux » (7 points de plus sur l’échelle du névrosisme), le risque bondit de 12 %.
  • Quant à l’extraversion, pas de lien direct avec le risque de déclin, mais… les extravertis garderaient la tête bien faite un peu plus longtemps.

L’extraverti gagne du temps (et le stress en fait perdre)

Ah, la belle affaire : rester entouré et bavard donnerait-il un petit supplément de jeunesse au cerveau ? D’après les estimations, à 80 ans, ceux qui collectionnent les scores élevés en conscience vivent en moyenne deux ans de plus sans déficience cognitive, contre un an de gagnés, tout de même, pour les pros de l’extraversion. À l’inverse, avoir un névrosisme élevé raccourcit d’au moins une année la période de bon fonctionnement cérébral.

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Le Pr Yoneda enfonce le clou : « Cela souligne les méfaits associés à l’expérience à long terme du stress perçu et de l’instabilité émotionnelle. » Même une fois diagnostiqué(e) dément(e), il vaudrait mieux avoir gardé son sang-froid ou son carnet d’adresses bien rempli : un faible névrosisme et beaucoup d’extraversion semblent rester protecteurs.

Et la suite ? Encore des questions ouvertes

Attention, pas de raccourcis trop rapides : les scientifiques insistent sur le fait qu’ils n’ont trouvé aucune corrélation entre ces traits de personnalité et l’espérance de vie. Mieux encore : rien n’indique que le caractère soit la cause directe du déclin cognitif. Il s’agit d’une association qui invite… à continuer à creuser !

Pour affiner la compréhension, l’équipe souhaite d’ailleurs inclure bientôt plus de diversité parmi les volontaires, mais aussi étudier l’impact de deux autres grands traits de personnalité :

  • L’agréabilité (autrement dit, l’altruisme et l’affection envers autrui)
  • L’ouverture à l’expérience (originalité et curiosité, les poètes et les aventuriers cognitifs ne seront pas oubliés !).

En résumé ? Si votre agenda est rangé au cordeau, que vous ne faites pas des montagnes d’un grain de sable, et que vous adorez le contact, votre cerveau pourrait bien vous remercier en vieillissant ! Cela n’a rien d’une baguette magique, mais c’est une piste sérieuse pour mieux prévenir les troubles cognitifs… Et de quoi alimenter de nouvelles recherches (et de vifs débats à la prochaine réunion familiale).

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