Dépression cachée chez les enfants surdoués : le signe que les parents ignorent

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La dépression cachée chez les enfants surdoués : le signe que les parents ignorent

Le mythe du « génie torturé » : une réalité pas si évidente

Ils lisent à la vitesse de la lumière, comprennent les mathématiques dès la maternelle… et pourtant, on leur colle l’étiquette du « génie torturé », isolé dans son coin, en proie à l’anxiété ou à la mélancolie. Les enfants à haut potentiel intellectuel, ou « surdoués » dans le vocabulaire courant, traînent cette image qui leur colle à la peau comme du chewing-gum sous une semelle. Mais qu’en est-il vraiment ? Faut-il ressortir les mouchoirs à chaque fois qu’un surdoué franchit le seuil de la cour d’école ?

Une équipe de chercheurs – Alexandre Aubry, Béatrice Bourdin et Léo Duplenne – s’est penchée sérieusement sur la question. Leur étude, récemment publiée dans la revue Gifted Child Quarterly, a décortiqué les données existantes sur la santé mentale des enfants et adolescents à haut potentiel. Et, accrochez-vous à vos lunettes, la réalité est bien plus nuancée qu’il n’y paraît.

Anxiété et dépression : les surdoués moins touchés qu’on ne le pense ?

Derrière la croyance populaire selon laquelle intelligence rimerait avec détresse émotionnelle, la science est moins catégorique. Pour faire court (mais pas trop), les auteurs se sont plongés dans 27 études sur l’anxiété et 15 sur la dépression. Surprise : dans la majorité des cas, les enfants à haut potentiel intellectuel ne présentent pas plus de signes d’anxiété ou de dépression que leurs camarades dépourvus de cette étiquette.

Mieux encore, un haut niveau d’intelligence pourrait offrir une certaine protection. Grâce à leur capacité à analyser et comprendre les situations complexes, ces enfants seraient plus à même de gérer le stress et les défis quotidiens. Avoir le cerveau qui turbine permettrait donc de prendre du recul et de mieux contrôler l’environnement, diminuant ainsi le sentiment de vulnérabilité.

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Mais alors d’où viennent ces récits d’enfants doués mal dans leur peau ? Il faut regarder du côté de la grande diversité des vécus chez ces jeunes. Tout n’est pas noir ou blanc, et beaucoup dépend du contexte dans lequel ils évoluent.

  • Les surdoués, s’ils se sentent incompris ou sous-stimulés dans un milieu scolaire mal adapté, peuvent vite sombrer dans l’ennui, la démotivation, voire le mal-être.
  • L’isolement social ou la stigmatisation peuvent aussi assombrir leur quotidien.
  • En revanche, être entouré de pairs compréhensifs et d’adultes soutenants favorise un bon équilibre émotionnel.

Anxiété de performance : le vrai faux problème

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les enfants à haut potentiel ont tendance à être plus détendus face à la peur de l’échec scolaire. Leur « anxiété de performance » est en moyenne moins marquée que chez les autres enfants, probablement car la réussite leur vient plus facilement. Cela booste leur estime d’eux-mêmes dans le domaine scolaire, leur offrant une protection certaine contre ce type de stress.

Cependant, il faut distinguer les différents visages de l’anxiété. Si la salle de classe n’est pas source d’angoisse, les défis sociaux, eux, peuvent s’avérer plus corsés, notamment quand l’inclusion fait défaut.

Dépression, environnement et le fameux signe à ne pas ignorer

Côté dépression, là aussi, la majorité des études ne décèlent pas de différence significative entre surdoués et non-surdoués. Mais attention, il existe des exceptions. Les jeunes à haut potentiel qui peinent à l’école ou manquent de stimulation semblent plus vulnérables à la déprime. Un manque de défis ou des échecs répétés risquent d’entamer leur moral.

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En revanche, tous ceux qui bénéficient d’un bon accompagnement et du soutien de leur entourage familial ou scolaire affichent souvent des niveaux de bien-être émotionnel égaux, voire supérieurs à ceux des autres enfants.

L’un des signes que les parents risquent d’ignorer ? La sous-performance scolaire chez un enfant brillant. Un surdoué qui décroche, s’ennuie ou refuse d’aller à l’école pourrait en réalité exprimer un mal-être profond, trop souvent relégué au second plan sous prétexte que « tu es intelligent, tu vas t’en sortir ».

  • Adapter les stratégies pédagogiques, proposer des défis stimulants grâce à la différenciation pédagogique,
  • Être attentif à leur bien-être émotionnel,
  • Valoriser l’écoute et l’accompagnement personnalisé,
  • Sensibiliser les professionnels de santé mentale à leurs particularités,

Voilà des leviers essentiels à activer pour prévenir la détresse.

Conclusion

Il est temps de mettre au placard l’image du « génie torturé ». Les enfants à haut potentiel intellectuel ne sont pas forcément condamnés à l’anxiété ou à la dépression : tout dépend de la qualité de leur environnement et du soutien qu’ils reçoivent. Leur intelligence n’est ni une protection absolue, ni une condamnation à la souffrance intérieure. Offrons-leur écoute, compréhension et adaptation – pour qu’ils puissent déployer toutes leurs ailes, l’esprit léger et le sourire aux lèvres. Et n’oublions pas le signe qui doit alerter : un enfant brillant qui s’éteint, ce n’est jamais « juste passager ». Restons aux aguets, pour leur bien et leur bonheur tout simplement.

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