“Je n’arrive plus à décrocher” : pourquoi l’épuisement pro vous piège

Partagez sur :

Vous pensiez qu’un simple arrêt de travail suffirait à décrocher du boulot et à retrouver la paix intérieure ? Dommage, ce n’est pas aussi instantané que d’appuyer sur le bouton pause de la télécommande : avec l’épuisement professionnel, rien ne se règle d’un claquement de doigts… et surtout pas le cerveau.

Pourquoi est-il si dur de lâcher prise ?

Selon Sébastien Hof, psychologue du travail et psychothérapeute, membre du réseau de Consultations Souffrance et Travail, les personnes touchées par le syndrome d’épuisement professionnel n’étaient pas précisément celles qui comptaient les minutes à la machine à café. Bien au contraire : il s’agit de salariés particulièrement impliqués, investis, qui ont tout donné – jusqu’à l’épuisement – pour que l’organisation fonctionne. Résultat : le travail a souvent pris une place énorme dans leur vie, parfois démesurée.

On pourrait croire qu’un arrêt de travail agirait comme une barrière magique, écartant à la fois la source du mal-être et les symptômes. Malheureusement, rien n’est moins sûr. L’arrêt ne fait pas miraculeusement le tri : les symptômes persistent et le détachement vis-à-vis du travail reste une épreuve parfois insurmontable. Beaucoup vivent cet arrêt comme un échec cuisant : on perçoit mal l’incapacité à faire face ; un sentiment d’inachevé, voire de culpabilité, s’ajoute à la fatigue… et le cercle vicieux continue.

Le piège du ressassement et de la solitude

L’un des plus gros écueils du burn-out, c’est la rumination mentale. S’isoler avec ses pensées revient souvent à laisser tourner la machine à laver des regrets, des remords et des « j’aurais dû ». L’accompagnement est donc indispensable : il s’agit d’aider la personne à voir les choses différemment et surtout, à cesser de ressasser ce que l’on imagine être un échec – alors que non, mille fois non, l’épuisement professionnel n’est pas un échec personnel.

A LIRE :  Ce signe du zodiaque surprend : voici qui rend tout le monde heureux

Le psychologue insiste : il faut avant tout que la personne ne reste pas seule face à elle-même. Un soutien humain, c’est la première étape. Ensuite seulement on peut commencer à travailler sur le changement de perspective et l’acceptation de la situation.

Responsabilités : qui doit quoi ?

Autre point essentiel : il s’agit de rappeler (gentiment, mais fermement !) que l’employeur a des obligations en matière de santé et sécurité au travail. Si on en est arrivé au burn-out, ce n’est pas le signe d’une faiblesse, mais bien celui que tout n’a pas été fait dans l’organisation pour prévenir l’épuisement. Et pour changer de regard sur le travail, une prise de conscience de cet aspect organisationnel est nécessaire.

Changer sa manière de voir les choses ? Plus facile à dire qu’à faire, surtout seul. C’est pourquoi l’accompagnement reste fondamental, afin de se délester du sentiment de culpabilité et – pourquoi pas ? – ranger enfin le travail dans la rubrique « archives » plutôt qu’en priorité dans la vie.

Les clés pour retrouver un équilibre

Pour Sébastien Hof, le retour à soi ne se fait pas en sautant à pieds joints dans la méditation transcendantale, mais par de petites étapes très concrètes :

  • Retrouver une vie ordinaire, tournée vers des choses simples : s’occuper de ses enfants, faire les courses, sortir se promener… Petit à petit, le centre de gravité s’éloigne du bureau pour reprendre sa place quelque part entre la boulangerie et le parc.
  • Reprendre une vie sociale : tester une nouvelle activité, rencontrer de nouvelles personnes, découvrir des visages qui vous acceptent tel que vous êtes – pas tel que vous performiez au travail. Adieu la chasse à la reconnaissance professionnelle, bonjour la confiance retrouvée !
A LIRE :  Voici pourquoi poser vos pièges à frelons en février change tout cette année

En résumé, l’épuisement professionnel n’est pas une simple panne qu’un arrêt de travail efface à coups de RTT. Il s’agit d’un processus profond, où le soutien, la reprise d’une vie quotidienne « normale » et le retour à des liens sociaux s’avèrent aussi essentiels qu’un bon bol d’air frais. Si la coupure ne vient pas toute seule, c’est aussi parce que l’investissement était total – mais, rassurez-vous, la vie sans burn-out, ça existe… et ça commence souvent petit à petit, un pas après l’autre, loin des mails et des notifications.

Nos derniers dossiers