La limérence : ce trouble méconnu qui peut ruiner votre couple sans bruit

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En amour, il existe des pièges discrets, parfois si vicieux qu’ils s’installent sans bruit… jusqu’à tout anéantir. Prêts à lever le voile sur la limérence ? Ce trouble méconnu, pourtant capable de saboter les couples les plus soudés, aurait sans doute inspiré même Lamartine !

La limérence, ou quand l’amour devient addiction

C’est en 1979 que la psychologue américaine Dorothy Tenov donne un nom à ce phénomène : la limérence. Derrière ce terme un brin mystérieux, se cache une réalité bien concrète : une forme de dépendance affective, un excès d’amour si puissant qu’il revêt vite un caractère obsessionnel. Ici, « l’autre personne devient le centre de ses pensées, de ses émotions et l’objet de fantasmes. À tel point que cela peut devenir dangereux », prévient Sud info.

En somme, la limérence, c’est ce moment où l’être aimé se hisse au rang de centre de gravité personnel : tout tourne autour de lui ou d’elle. Et, autant le dire tout net, on est loin du romantisme à la Roméo et Juliette, sauf que là, le poison coule à goutte discrète…

D’où vient cette obsession ? Entre manque et idéalisation

Au-delà du simple béguin mal géré, la limérence se caractérise par « une attirance romantique pour une personne poussée à l’extrême et un besoin anxieux d’être dans un amour réciproque », souligne Psychologue.net. Mais qu’est-ce qui pousse quelqu’un à déraper ainsi ?

La psychologue clinicienne Yvonne Poncet-Bonissol explique que la racine de la limérence se trouve dans une sérieuse carence affective, un cruel manque de confiance en soi, sans oublier une propension à tout idéaliser. La personne qui fait l’objet de fascination « devient idéalisée parce qu’elle vient tout combler ». Bref, il manque quelque chose, alors on projette tout sur l’autre, qui devient, en quelque sorte, la colle magique censée réparer toutes les failles. Mais ce pansement émotionnel risque fort de lâcher…

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Selon Yvonne Poncet-Bonissol, « le vrai désir naît du manque ». Or, ici, la volonté d’éviter tout manque déborde, et ce refuge se transforme peu à peu en étouffoir. « L’autre, progressivement, est anéanti, étouffé. Il n’existe plus et ne vit qu’à travers l’autre ».

Quand la limérence devient toxique pour le couple

La situation peut rapidement virer au cauchemar pour la personne idéalisée : elle est surveillée, questionnée, parfois jusqu’à l’intrusion, par celle « qui veut tout savoir, qui est très intrusive par détresse, parce que c’est son objet de comblement ». Pour la personne amoureuse à l’excès, ce n’est guère mieux : « elle n’est plus autonome, elle est totalement dépendante. »

Ce déséquilibre expose à un risque majeur : quand la relation se brise, la personne qui aimait obsessionnellement s’effondre, incapable de se reconstruire. Elle « reste prostrée dans sa tristesse en attente d’un signe » et, le pire, « ne vit pas sa vie, elle la vit par procuration ». Selon Yvonne Poncet-Bonissol, cet amour dévorant révèle une « immaturité affective » : le véritable amour, c’est « une forme d’autonomie partagée ».

Autre danger : la limérence, née parfois d’une « peur de l’abandon et du rejet », plonge ses racines dans l’enfance, confie Psychologue.net. Certains enfants ayant souffert d’abandon ou d’une faible estime de soi pourraient, à l’âge adulte, rechercher anxieusement un amour réciproque… au risque d’en devenir obsédés.

Et si l’amour obsessionnel attire une personnalité toxique, le cocktail devient explosif. Yvonne Poncet-Bonissol alerte : « Les dépendants affectifs sont des proies idéales pour les personnes qui sont en recherche de partenaires un peu ‘objectisés’. » Au début, tout semble idyllique, mais la suite sent souvent le roussi : les personnes toxiques raffolent des failles et s’y engouffrent…

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Comment s’en sortir ? Quelques pistes

Face à la limérence, pas de baguette magique mais des clefs pour reprendre la main :

  • Prendre conscience qu’on est dans une situation de limérence, voire de carence affective.
  • Réfléchir sur les formes d’idéalisation, qui sont souvent le signe d’un manque d’estime de soi… et s’atteler à ce chantier.
  • Rappeler à soi-même que l’autre est humain, avec ses imperfections : personne ne peut incarner la perfection et tout combler, même pas George Clooney ou Beyoncé !

Si vous vous retrouvez trop souvent du côté du dépendant… ou si, à l’inverse, vous suffoquez sous le poids de l’idéalisation de l’autre, le mieux reste de passer par un professionnel spécialisé dans les troubles obsessionnels-compulsifs. On n’a pas dit que ce serait facile, mais il y a de la lumière au bout du tunnel… Nul besoin de tout vivre par procuration : il est temps de redevenir l’auteur principal de sa propre vie !

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