La petite habitude des enfants HPI qui intrigue même les spécialistes

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Pourquoi certains enfants HPI s’éclatent… avec un dictionnaire ? Plaisir linguistique, curiosité débordante et envie de briller en société : partez à la découverte de la petite habitude de lecture qui intrigue même les spécialistes !

Enfants HPI : des amoureux des mots hors du commun

Les enfants à haut potentiel intellectuel (HPI) ne laissent personne indifférent. Catalogués souvent comme des petits génies, ils impressionnent par leur capacité à assimiler vite et bien, mais aussi à poser des questions qui, parfois, sèment la panique même chez les adultes les plus chevronnés. Mais il existe chez eux une autre particularité, moins connue du grand public et qui laisse perplexes même certains spécialistes : leur passion pour le vocabulaire et une habitude de lecture tout sauf banale.

Dès le plus jeune âge, beaucoup d’enfants HPI se distinguent par un vocabulaire particulièrement riche, parfois à faire pâlir d’envie un prof de lettres. Cette aisance orale n’est pas qu’un simple gadget intellectuel : elle figure parmi les signes qui doivent alerter parents et enseignants sur un possible haut potentiel. Pauline de Saboulin Bollèna, psychologue et auteure de « Surdoué, et après ? », recommande d’observer de près le langage des enfants pour repérer ce potentiel dès les premières années. Même constat du côté de Nelly Dussause, directrice de l’école Georges Gusdorf, spécialisée dans l’accueil des enfants à haut potentiel : « Les jeunes enfants s’intéressent beaucoup au sens des mots, et ils ont une capacité précoce à intégrer un vocabulaire soutenu et à le réutiliser à bon escient, alors même qu’ils ne l’ont entendu qu’une fois ».

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D’où vient cette soif de vocabulaire ?

Selon Pauline de Saboulin Bollèna, cette aisance lexicale trouve son origine dans plusieurs facteurs entremêlés. L’envie de s’exprimer avec justesse ou de comprendre le monde dans toute sa complexité n’est pas étrangère au phénomène. Florence Pâris, ancienne référente académique HPI de l’académie de Paris, y ajoute une couche sociale non négligeable : « Les enfants HPI ont souvent un attrait pour les conversations d’adultes. Ils préfèrent échanger avec des personnes plus âgées, et pour être à la hauteur dans ces discussions, ils ont besoin d’un vocabulaire plus riche ».

Résultat : leur appétit pour les mots les conduit souvent à… lire le dictionnaire. Oui, ce n’est pas un mythe ! Pauline de Saboulin Bollèna l’affirme : feuilleter, explorer et même jouer avec le dictionnaire est une activité courante chez ces enfants. Petite astuce de pro : lors de ses séances, elle propose aux enfants de choisir un chiffre au hasard, d’ouvrir la page correspondante et de découvrir un mot nouveau, à replacer dans une phrase la fois suivante. Succès garanti pour piquer la curiosité et réveiller la soif d’apprendre !

Le dictionnaire, compagnon de route et terrain de jeu

Progressivement, le dictionnaire (ou, clin d’œil à la modernité oblige, son équivalent en ligne) devient un outil essentiel dans le quotidien des élèves HPI. À chaque mot inconnu, réflexe immédiat : on va chercher ! Naïma Page, co-fondatrice du réseau d’écoles Iféa – dont la moitié des élèves sont HPI – confirme ce comportement. En classe, les enfants HPI n’hésitent pas à interroger la version numérique pour trouver le sens d’un terme. L’avantage ? Cela leur permet de satisfaire rapidement leur besoin quasi compulsif de comprendre.

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Au fil du temps, certains élèves développent même des compétences dignes d’un champion olympique du dictionnaire : Florence Pâris raconte avoir connu des enfants capables de citer la page et la ligne exactes où figure la définition d’un mot spécifique. Bluffant, non ? Attention toutefois, nuance importante : tous les enfants HPI n’en arrivent pas là. Ce degré d’aisance linguistique se retrouve surtout chez ce qu’on appelle les « profils homogènes », ceux qui brillent dans tous les aspects cognitifs et, notamment, dans le domaine verbal.

Une habitude révélatrice… mais pas universelle

Ce goût singulier pour le dictionnaire, aussi étonnant soit-il, n’est donc pas partagé par l’ensemble des enfants à haut potentiel. Si beaucoup se montrent friands de vocabulaire et cheminent dans les méandres lexicaux, rares sont ceux qui peuvent réciter par cœur la localisation exacte d’une définition. Florence Pâris rappelle que seuls les profils très à l’aise verbalement s’y adonnent ; chez d’autres HPI, les points forts résident ailleurs.

  • Capacité à intégrer et utiliser un vocabulaire soutenu après une seule écoute
  • Envie de s’exprimer avec précision
  • Plaisir à explorer le dictionnaire, papier ou en ligne
  • Attirance pour les conversations d’adultes

En définitive, la lecture du dictionnaire, loin d’être une simple lubie, reflète une envie profonde : celle de comprendre le monde et de s’y exprimer pleinement, avec les bons mots. Un trait de caractère à observer, à encourager et, qui sait, à imiter ? Prochain défi familial : un mot nouveau par jour, ça vous tente ?

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