Pourquoi ces expressions françaises rendent les Anglais fous d’admiration ? On croit souvent que le charme français agit surtout sur les papilles… Mais c’est sans compter sur nos expressions qui font chavirer le cœur (et la bouche) de nos amis d’Outre-Manche ! Plongée dans ces petits mots si « frenchy », que les Britanniques jalousent et saupoudrent dans leurs conversations, histoire d’avoir l’air chic. Oui, c’est officiel, il n’y a pas que les bérets qui s’exportent !
L’amour des mots français : une idylle vieille de siècles
Les échanges linguistiques entre la France et l’Angleterre, ce n’est pas une romance récente. On remonte carrément au XIe siècle, époque où la langue voyageait aussi facilement que les chevaliers. Ce grand brassage a enrichi autant la langue de Molière que celle de Shakespeare et, mine de rien, a favorisé un rapprochement culturel durable. Aujourd’hui, parsemer une phrase anglaise d’un terme ou d’une expression française, c’est afficher son élégance – et inversement, les Français empruntent l’anglais pour paraître plus « cool ». D’ailleurs, n’est-ce pas délicieux de voir un vrai British déclarer qu’il aimerait être « chic » (avec le bon accent, cela va de soi) ? L’application Babbel s’est penchée sur ces formules tricolores, et voici un florilège d’expressions que nos voisins nous envient littéralement.
Petit florilège des expressions qui font craquer nos voisins
- « Je-ne-sais-quoi » et « joie de vivre » : Tiens donc, les Anglais adorent dire « He has un je-ne-sais-quoi of joie de vivre » pour décrire cette inimitable aura positive. L’origine de « je-ne-sais-quoi » remonterait au XVIIe siècle, employée (semble-t-il) par Fénelon avant d’être popularisée au XIXe siècle par Michelet et Zola, rien que ça ! Pour eux, c’est le must pour décrire un bonheur d’exister aussi contagieux qu’un fou rire.
- « Oh là là » : Si vous croisez un Anglais qui lance un « ooh la la » tout droit sorti de Notting Hill, pas de panique ! Cette expression fait l’unanimité parmi les étrangers, et s’écrit chez eux « ooh la la ». Pourquoi un tel succès international ? Parce qu’en France, elle traduit tout : joie, excitation, admiration, déception, peur, contrariété, tristesse, empathie, étonnement… Bref, une polyvalence qui amuse les apprenants et illustre bien, il faut le dire, notre côté paradoxal !
- « En route mauvaise troupe » : Voilà une expression épicée qui pimente l’anglais depuis des décennies, via la fameuse formule « en route mauvaise troupe ». Souvent synonyme de « en avant », elle viendrait du vocabulaire militaire (troupe oblige), et non de Paul Verlaine comme le laisse croire la légende. L’essentiel ? Les Anglo-Saxons en raffolent et, franchement, ça met de l’ambiance.
- « C’est la vie » : N’oublions pas le tube mondial « C’est la vie », remis au goût du jour au début des années 2010 grâce à Khaled, le célèbre chanteur de raï. Désormais, il suffit de souffler ce « c’est la vie » pour instantanément donner à une situation (un peu trop) fatidique une touche de philosophie et de relativisation. Pratique en toutes circonstances, y compris à Trafalgar Square !
- « Déjà-vu » : Dernier clin d’œil à l’universalité française : le fameux « déjà-vu » que les locuteurs de la perfide Albion déclament parfois avec un brin d’accent. Est-ce la poésie de l’instant ou le joli « u » qui les séduit ? Toujours est-il qu’ils l’utilisent comme nous, pour évoquer cette sensation étrange de revivre une chose connue… alors qu’on la découvre.
Quand les mots traversent la Manche : un enrichissement réciproque
On le voit, l’anglais n’hésite plus à puiser dans le vivier hexagonal pour ajouter une touche d’élégance, de légèreté ou de fatalisme à ses expressions trop… cartésiennes. Et si, de notre côté, nous succombons au charme du vocabulaire anglais pour briller en société, c’est probablement parce que, de part et d’autre de la Manche, les mots savent voyager et rapprocher les cultures.
Conclusion : nul besoin de baguette sous le bras pour inspirer nos voisins !
En définitive, pas étonnant que les Britanniques soient fous de nos expressions : derrière chaque « oh là là », chaque clin d’œil à la « joie de vivre » ou à la philosophie du « c’est la vie », ils puisent un peu de notre art de vivre à la française. Pourquoi ne pas, la prochaine fois que vous croisez un Anglais, lui glisser un « en route mauvaise troupe ! » ou savourer son accent sur « déjà-vu » ? Après tout, partager nos mots, c’est un peu exporter la France… sans même faire de valise !











