Voici pourquoi beaucoup gardent leur couette, même en pleine canicule

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Qui n’a jamais passé une nuit d’été à se demander : “Pourquoi je garde encore ma couette même quand il fait 35°C dans la pièce ?” Si vous aussi, la simple idée de dormir sans votre chère couverture vous réveille plus sûrement qu’un expresso, rassurez-vous : vous êtes loin d’être seul·e. Et, surprise : la science a bien des arguments en faveur de cette habitude qui semble parfois irrationnelle. On vous explique pourquoi 65% des Français dorment fuselés sous leur couette, même en pleine canicule !

La couette, bien plus qu’un rempart contre le froid

  • Selon un sondage OpinionWay (2019), 65% des Français ne peuvent pas dormir sans couverture.
  • Paradoxalement, 66% reconnaissent que cette couche douillette (et le matelas et les draps, ne soyons pas injustes) participe autant à l’inconfort thermique estival qu’à leur bien-être nocturne.

Mais alors, pourquoi cet attachement inaltérable ? Non, il ne s’agit pas d’un simple réflexe venu de l’hiver dernier ou du fantasme du “lit parfait” Instagrammable. La couverture, racontent psychologues et chercheurs, ne sert pas qu’à réguler la température.

Une affaire de corps… et d’esprit

Les explications ne manquent pas, mais parmi les plus intéressantes, les scientifiques rappellent qu’à l’endormissement, notre température corporelle baisse légèrement. Rien de catastrophique pour la plupart, mais ces quelques dixièmes de degré peuvent suffire à provoquer une sensation de fraîcheur désagréable, surtout lors de la première phase du sommeil. Et parmi nous, il y a ceux qui comblent ce petit frisson par réflexe : on s’enroule, on se recouvre, bref, on s’emmitoufle. Habitue-toi, cerveau !

Mais ce n’est pas qu’une affaire de thermomètre interne. “Notre peau a une fonction majeure dans notre vie psychique”, résume la psychologue Marie-Laure Aubignat, en référence aux théories psychanalytiques du “Moi-peau” évoqué par Didier Anzieu. En clair ? Se recouvrir la nuit, même par 30°C, c’est un geste profondément ancré, destiné à protéger son “moi”, à préserver l’individuation, comme une mère qui borde son nouveau-né. Cette manie de la couette, c’est en quelque sorte l’histoire de l’enfant que nous avons tous été, que nous continuons à protéger – souvent inconsciemment – chaque fois que nous nous déposons sous nos draps.

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Du réconfort… Depuis la naissance

Aux premiers jours de la vie, on emmaillote le nourrisson pour le rassurer, le réchauffer, et faciliter son assoupissement. Pour les spécialistes du sommeil, la couverture garde dans notre inconscient ce pouvoir régressif et apaisant même à l’âge adulte. Elle continuerait à nous offrir un sentiment de réconfort et de sécurité – deux ingrédients essentiels pour un sommeil réparateur (et éviter de finir à scruter le plafond toute la nuit).

  • Se recouvrir procure un sentiment d’apaisement.
  • La couette joue un rôle actif contre l’anxiété nocturne.

Et ce n’est pas tout : Docteure Cristina Cusin, psychiatre à la Harvard Medical School, le souligne : “les couvertures peuvent être utiles en cas d’anxiété ou d’insomnie”. Chez certains, la simple sensation d’être enveloppé – on parlera ici des couvertures lestées, très en vogue – va jusqu’à représenter une alternative parfois efficace aux médicaments pour tous ceux qui luttent contre le stress nocturne et les troubles du sommeil.

Couvertures lestées : quand la couette devient une thérapie

La Docteure Cusin s’est intéressée aux bienfaits de ces couvertures plus lourdes, qui sont utilisées depuis un moment en accompagnement de troubles comme l’autisme ou le TDAH. D’après une étude publiée dans la revue de la Harvard Medical School, elles pourraient également convenir aux insomniaques et anxieux de la nuit. Pour elle, “la couverture simule en fait un câlin réconfortant, ce qui contribue en théorie à calmer et à stabiliser le système nerveux.”

De son côté, le Dr Mats Alder, auteur d’une étude de 2020, détaille le mécanisme : la pression exercée sur différents points du corps stimule la sensation tactile et la conscience des muscles et articulations. Comme un massage ou une séance d’acupression “boostée” version nuit ! En clair, c’est une vraie caresse pour nos nerfs fatigués et un possible passeport pour le pays des rêves.

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En résumé ? Garde ta couette ! Ou ta couverture, ou ton plaid, on ne juge pas. Si ton cerveau ne veut pas s’endormir sans sa dose de cocooning, ce n’est pas un caprice, mais une histoire d’instincts très anciens et de psychologie profonde. Même sous la canicule, mieux vaut transpirer un peu que de compter les moutons toute la nuit !

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