Vous pensez que votre enfant est surdoué ? L’erreur qui trompe tous les parents

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Depuis que la série HPI a envahi nos écrans (et, avouons-le, nos conversations de salle de réunion), encore plus de parents se demandent si leur progéniture ne serait pas, elle aussi, montée sur ressorts cérébraux. Mais attention, derrière l’engouement, se cache une grosse illusion qui trompe même les plus attentifs…

Quand la télévision nourrit l’imaginaire parental

  • TF1 cartonne avec la série HPI, incarnée par Audrey Fleurot et son héroïne au QI de 160.
  • Le terme « haut potentiel intellectuel » s’est ainsi incrusté dans les discussions de famille, d’école… et sans doute dans les dîners entre voisins !
  • L’épisode « Effet Barnum » pose une question piquante : pourquoi tant de familles se convainquent-elles que leur enfant est HPI, quand statistiquement, ce profil est rarissime ?

L’effet Barnum : le piège mental qui embrouille tout le monde

Là où la série tape dans le mille, c’est en mettant en avant l’effet Barnum. Mais non, il ne s’agit pas de jongler avec des lions, mais d’un biais psychologique. Concrètement, nous avons tous tendance à nous reconnaître dans des descriptions vagues et flatteuses. Vous avez vu circuler tous ces tests de QI en ligne avec des listes de « signes de surdouance » ? Eh bien, l’être humain aime bien s’y retrouver…

Mais attention, mettre un enfant dans la case HPI ne s’improvise pas :

  • Seul un diagnostic réalisé par un professionnel est valable.
  • En France, les pédopsychiatres estiment que seulement 2 à 2,3 % des enfants seraient réellement HPI.

Alors, pourquoi une telle inflation de cas supposés à la maison ?

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HPI, surdoué… et mal compris : ce que disent les experts

Viviane Kovess-Masféty, chercheuse et pédopsychiatre, met les points sur les i : « Il y a des équivalences de sens entre les surdoués et les HPI. » Le seuil de référence ? Un QI supérieur à 130. Mais pour acter ce profil, il faut passer beaucoup plus qu’un test de QI simpliste ; l’évaluation complète compte, comme en témoigne Christine Barois, autre pédopsychiatre : « L’enfant doit réussir tous les examens avec une note bien plus élevée que la moyenne. »

Ce profil reste marginal : « La plupart des HPI ne le savent pas et c’est très bien, d’autres se fondent très bien dans la masse », souligne Kovess-Masféty. Pourtant, à la moindre difficulté scolaire, de plus en plus de parents dégainent l’étiquette… à tel point que dans certains établissements, on n’en peut plus des surdoués !

La pédopsychiatre s’en amuse, mais s’en inquiète aussi : « Dans les milieux scolaires, on n’en peut plus des surdoués. » Beaucoup fantasment sur les grandes études, tandis que la réalité est parfois plus ordinaire : des QI moyens pouvant conduire à diverses difficultés scolaires. Et ce fossé alimente frustration et incompréhension chez les parents.

La série TF1 n’a fait qu’attiser une obsession collective pour l’intelligence d’élite, un rêve entretenu par une société de la réussite permanente : « Ils doivent parler anglais, faire du sport, de la musique, rentrer dans la meilleure maternelle possible », ironise la spécialiste.

Entre projection et réalité : comment accompagner son enfant ?

Quand le rêve parental se heurte aux bulletins scolaires, la déception est au rendez-vous : « C’est un coup de poing dans le ventre des parents », avoue Christine Barois. Certains vont jusqu’à contester les notes, à la recherche d’une explication… ou d’un diagnostic qui réconforterait leur ego familial !

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Heureusement, il y a un côté positif à cet engouement : « Il y a une meilleure connaissance à ce sujet », reconnaît la pédopsychiatre. Les consultations spécialisées se multiplient, même si parfois, la démarche serait orientée par le mal-être de l’enfant plutôt que par la certitude qu’il est HPI.

Mais gare aux idées reçues : un élève HPI, même détecté, ne traverse pas forcément la scolarité comme à la parade. Au contraire, il peut vite se retrouver en marge, « fayot » ou même bouc-émissaire. Sa pensée fulgurante vire parfois à l’anxiété de performance, à des émotions débordantes qu’il ne maîtrise pas toujours.

  • Un accompagnement adapté est essentiel.
  • « Le plus intéressant, c’est de lui donner des clés de compréhension pour qu’il arrive à dompter ce cerveau qui va vite. »
  • Et si le diagnostic ne révèle rien ? « Le problème se situe ailleurs. »

En résumé : avant de sauter sur l’occasion pour proclamer son enfant HPI, respirez, consultez pour les bonnes raisons, et rappelez-vous que, derrière l’étiquette, chaque enfant – qu’il soit champion d’échecs ou as du cache-cache – mérite d’être accompagné dans sa singularité.

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