“Et si votre enfant était HPI sans que vous le sachiez ?” Les signes à repérer

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À force d’entendre parler de « petits génies », de voir Audrey Fleurot résoudre des enquêtes entre deux calculs de QI sur TF1, ou de lire des best-sellers sur l’intelligence, on finirait presque par se demander : et si votre enfant était HPI sans même que vous l’ayez remarqué ? Oui, le HPI est à la mode – entre fascination, agacement et (parfois) business douteux. Tentons d’y voir plus clair, loin des clichés… et avec quelques signes à repérer !

HPI : de quoi on parle vraiment ?

D’abord, le fameux acronyme : HPI signifie « haut potentiel intellectuel », aussi appelé surdoué ou parfois – les nostalgiques s’en souviennent – « enfant intellectuellement précoce ». Aujourd’hui, la tendance veut qu’on parle plutôt de HPI, même si, avouons-le, on finit vite par s’y perdre !

Derrière l’effet de mode et les débats (parfois musclés) sur le sujet, il y a une réalité : certains enfants ont des capacités intellectuelles très supérieures à la moyenne. Selon l’Organisation mondiale de la santé, on considère qu’un enfant (ou adulte) est HPI si son quotient intellectuel (QI) est supérieur à 130. Pour se situer, il est possible de réaliser un test de QI gratuit en ligne, à condition qu’il soit présenté comme un indicateur et non comme un diagnostic définitif. Cela place ces personnes dans les 2,3 % de la population qui dépassent nettement la moyenne, fixée à 100 depuis les travaux de Binet et Simon en 1905.

Attention à ne pas transformer ce seuil en dogme : il n’existe qu’une différence minime entre un QI à 128 ou 132. D’ailleurs, certaines politiques éducatives, comme en Chine, placent la barre à 140, histoire de ne pas exploser le nombre d’enfants concernés (et d’avoir à tous leur proposer des aménagements scolaires). Au passage : avoir un QI élevé ne fait pas automatiquement de vous le nouveau Léonard de Vinci. C’est un avantage, certainement, mais pas un gage de génie universel.

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Et la vraie intelligence, dans tout ça ?

Le QI, c’est bien, mais ce n’est qu’une partie du tableau. Il mesure plusieurs aspects cognitifs ; certains peuvent dépasser les 130, d’autres non, chez une même personne. Par ailleurs, cette mesure ne prend pas en compte l’intelligence sociale, émotionnelle ou créative. Comme le souligne Sylvie Tordjman, responsable du Centre national d’aide aux enfants et adolescents à haut potentiel (Cnahp) à Rennes : « L’intelligence est composée de plusieurs dimensions. » Par conséquent, un bilan au Cnahp ne se limite pas au QI : il s’accompagne de tests de créativité et d’attention.

Le haut potentiel intellectuel, rappelons-le, n’est pas une maladie ni un trouble. C’est une particularité, en général plutôt positive, même si certains enfants peuvent rencontrer des difficultés scolaires ou psychoaffectives.

Quels signes doivent attirer l’attention ?

Souvent, ce sont les parents ou les enseignants qui, les premiers, commencent à se poser des questions :

  • L’enfant finit son travail avant les autres
  • Il apprend parfois à lire seul, sans pression parentale
  • Il tenait déjà de grandes conversations alors qu’il savait à peine lacer ses chaussures
  • Son vocabulaire semble nettement plus fourni et ajusté que celui de ses camarades

La précocité de l’apprentissage de la lecture, spontanée (sans parents derrière !), est un signal qui, selon l’étude du Cnahp, apparaît fréquemment. On a renoncé au terme « enfant intellectuellement précoce », mais la précocité, elle, met toujours la puce à l’oreille.

Autre aspect souvent observé : une attention particulière. Parfois, l’enfant HPI semble ailleurs, une attention « un peu flottante », mais il est pourtant capable de retenir la consigne et de répondre, donnant l’impression de pouvoir faire plusieurs choses à la fois.

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Plus en détail, trois types de capacités attentionnelles se remarquent, d’après 1 400 enfants suivis par le Cnahp :

  • Grande flexibilité attentionnelle : capacité à s’adapter, à alterner entre différentes tâches
  • (La suite de cette liste, s’appuyant sur l’étude, est malheureusement interrompue dans la source. Mais la flexibilité demeure un élément mis en avant.)

En résumé : vigilance, discernement et bienveillance !

La notoriété du HPI ne doit pas faire oublier la réalité : il s’agit d’une particularité intellectuelle, ni stigmatisante ni miraculeuse. La vigilance s’impose face aux marchands de miracles comme face aux clichés. Si vous soupçonnez un haut potentiel chez votre enfant, ne vous fiez ni aux séries télé ni aux effets de mode : mieux vaut consulter des professionnels qualifiés capables de croiser les tests et d’accompagner l’enfant (et vous !) avec justesse. Et si votre petit ne fait pas partie des élus du QI, rassurez-vous : il restera toujours unique à sa façon !

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