Cette infusion du soir cache un effet insoupçonné sur votre sommeil

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Chaque soir, c’est le même rituel : la bouilloire crache sa vapeur, le sachet d’infusion plonge dans la tasse, et l’on espère secrètement que ce petit geste nous emportera tout droit dans les bras de Morphée. Mais que cachent réellement ces infusions du soir ? Derrière l’étiquette “nuit douce”, un effet méconnu se glisse… qui ne se trouve pas forcément du côté des plantes !

L’infusion, une promesse de douceur… ou de marketing ?

Certains paquets de tisanes rivalisent d’ingéniosité pour nous vendre du rêve : nuit “calme”, “paisible”, “réparatrice”… Il faut dire que la phytothérapie a la cote ! Houblon, fleur d’oranger, camomille, verveine, lavande, marjolaine, passiflore, tilleul… Autant d’aromates annoncés comme alliés de l’endormissement,
pour aider à éviter les réveils nocturnes. Mais que vaut vraiment cette tradition nocturne si répandue ?

  • Les tisanes s’appuient surtout sur des plantes aromatiques reconnues pour leurs vertus présumées.
  • Leurs principes actifs favoriseraient l’endormissement selon les fabricants.

Sauf que, nous prévient Nicolas Authier, psychiatre et pharmacologue, « aucune étude scientifique rigoureuse n’a démontré leur efficacité sur le sommeil ». D’ailleurs, aucun médicament remboursé pour dormir n’a vu le jour à partir de ces plantes. Vous l’aurez compris : le marketing déborde largement les preuves scientifiques.

Lavande, valériane : des plantes à l’efficacité très (très) modérée

Quelques exceptions néanmoins ! Patrick Lemoine, psychiatre spécialiste du sommeil, cite les essais cliniques les plus sérieux, bien que d’un « niveau de preuve très faible » : la lavande, l’eschscholtzia (pavot de Californie), et la valériane. Ces plantes pourraient stimuler l’activité des neurotransmetteurs gabaergiques – les fameux « Gaba » qui aident notre cerveau à lever le pied et à plonger dans le sommeil.
Mais attention à ne pas en faire tout un fromage : la valériane, la plus étudiée du lot, affiche surtout une efficacité « très modérée »… et un parfum qui rappelle plus la chaussette oubliée dans un fond de sac que la rosée des forêts. Le professeur Pierre Philip, chef du service universitaire de médecine du sommeil au CHU de Bordeaux, avertit : seuls les plus courageux oseront la consommer brute.

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L’effet placebo : le super-pouvoir ?

Si les principes actifs ne font pas des miracles, l’infusion pourrait cacher un superpouvoir inattendu : l’effet placebo ! D’après Nicolas Authier, plus notre sensibilité au « naturel » est forte, plus on croit à l’efficacité de sa tisane… C’est particulièrement vrai avec le CBD, présenté comme l’arme absolue des insomnies alors que son effet anxiolytique reste non démontré aux doses retrouvées dans les tisanes.

  • L’effet placebo se renforce avec le marketing, notamment celui du « cannabis bien-être ».
  • L’infusion s’inscrit naturellement dans un rituel du coucher apaisant.

Pierre Philip l’affirme : boire une tisane ou lire dans son salon, ce sont des stratégies qui rassurent et réduisent l’anxiété pré-endormissement. On finit, sur le long terme, par rechercher ce moment pour la réassurance qu’il apporte autant que pour ses effets réels.
Mais gare à ne pas tout miser sur cette carte ! Le professeur Philip prévient : si la tisane fonctionne parfois, son effet s’essouffle vite et ne remplace en rien une vraie hygiène de sommeil. Car les chiffres donnent à réfléchir : 71% des Français se plaignent de leur sommeil, un phénomène accentué depuis le premier confinement et marqué par d’importantes variations de durée de sommeil entre la semaine et le week-end.

L’inconvénient de taille : la traversée nocturne jusqu’aux WC

Mais l’infusion cache aussi un effet beaucoup moins glamour : le déclenchement de réveils nocturnes… direction les toilettes ! Patrick Lemoine le signale : plus on approche de l’heure du coucher, plus il est nécessaire de limiter l’absorption de liquides. Ce réflexe est d’autant plus important avec l’âge, le volume de la vessie ayant tendance à diminuer, ce qui multiplie les besoins pressants la nuit, surtout chez les hommes.

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En résumé : l’infusion du soir ? Elle berce surtout notre imaginaire et notre routine, plus que notre sommeil. Pour redonner de vraies couleurs à nos nuits, rien ne remplace une hygiène du sommeil solide : lever à heure fixe, relaxation, cohérence cardiaque, sophrologie… Et si la tisane vous rassure, profitez-en – mais non, ce n’est pas le remède-miracle. Quant au goût de la valériane… il paraît qu’on s’y habitue, à la longue !

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