Ah, les vacances… Ce doux mirage collé en fond d’écran, qui nous fait tenir dans les embouteillages et nous convainc que le bonheur absolu se trouve entre deux mojitos au soleil ! Mais, spoiler : tout le monde (ou presque) se trompe sur la durée idéale des congés, et c’est la science qui le dit.
Pourquoi des vacances à rallonge ne riment pas forcément avec bonheur ?
Certains en rêvent : partir tout l’été, étendre la serviette pour l’intégralité du mois d’août, et oublier le bureau jusqu’à la rentrée. Mais, comme le rappelait déjà un certain Shakespeare – « Si l’on passait l’année entière en vacances, s’amuser serait aussi épuisant que travailler » – le congé n’est pas une fin en soi, mais un équilibre subtil. Après tout, si tout était toujours farniente, qui savourerait encore sa sieste ?
Ce que dit la science : le pic du bonheur au huitième jour
Les chercheurs de l’université de Nimègue, aux Pays-Bas, ont mis tout ce joli mythe à l’épreuve en 2012. Leur étude, publiée dans le Journal of Happiness Studies, révèle une information croustillante : le plaisir des vacances grimpe jusqu’au huitième jour. Oui, vous avez bien lu. Le bonheur de partir en congé, tout frais tout neuf, atteint son sommet dès la fin de la première semaine.
Mais que se passe-t-il ensuite ? Le plaisir commence à s’estomper lentement, jusqu’à ce qu’au-delà du onzième jour, il laisse souvent place à la lassitude, voire à un peu d’ennui (qui n’a jamais tourné en rond après deux semaines à la maison ?). Évidemment, certains trouveront toujours la recette pour prolonger la magie… mais il faut aussi tenir compte du budget, des envies et de notre façon d’occuper ces journées si chères.
Couper vraiment : qualité contre quantité
La psychologue du travail Bénédicte Pichard, installée à Rennes, en sait quelque chose : « La durée idéale est surtout celle qui vous permet de couper réellement avec le travail. » Cela peut être une coupure physique (Hola, la plage !) ou mentale (Adieu, les réunions sur Teams et les checklists). Le plus important, c’est de se déconnecter vraiment pour reposer son esprit – et ça, ce n’est pas une question de nombre de jours.
Pour vraiment savourer ces instants, il faut savoir :
- Expérimenter autre chose que le quotidien professionnel
- Se recharger, au sens propre comme au figuré (loin des batteries de portable…)
- Identifier et rompre les petits liens invisibles qui nous relient à la routine du travail
Petite piqûre de rappel : passer ses vacances sur les réseaux sociaux ou à binge-watcher des séries, c’est tout sauf reposant pour la tête. Les activités psychiques coûtent cher à notre énergie. Pour souffler, mieux vaut privilégier ce qui permet de vraiment se couper, sans se ruiner… psychiquement.
Fractionner, espacer et… préparer son retour
Beaucoup pensent qu’il faut accumuler toutes ses semaines de congé pour mieux « tout lâcher » d’un coup. Mauvaise pioche ! Amasser tous ses jours de vacances risque d’être contre-productif, du moins pour la majorité. Les études, nombreuses à s’être penchées sur le sujet, convergent : mieux vaut fractionner, et prendre plusieurs pauses dans l’année. C’est la garantie de retrouver ce fameux pic de bien-être à chaque fois, sans accumuler de la fatigue jusqu’à la limite.
Tout dépend des personnes et de leur rapport au travail : certains attendent désespérément LE grand break, mais, comme le note Bénédicte Pichard, ça n’est pas toujours si reposant qu’on l’imagine. Fractionner aide à éviter que la lassitude ou l’épuisement ne s’installent, et que les vacances ne servent qu’à réparer les pots cassés. Et, peu importe le nombre de jours pris d’affilée : le cerveau, farceur, se remet souvent aussitôt dans la routine du bureau dès le retour.
Pour finir en beauté (et sans blues du retour), il est conseillé de préparer en douceur la reprise du travail. Reprendre un certain rythme, se réadapter aux horaires, retrouver ses marques… Tout cela demande un temps d’adaptation variable selon les métiers, jamais à sous-estimer.
En résumé ? Des vacances réussies dépendent moins du compte à rebours que de leur capacité à nous faire oublier le travail, à nous détacher et surtout à nous reposer vraiment. Alors, que vous partiez au bout du monde ou restiez à la maison, ouvrez l’œil : l’important, c’est de décrocher – pas de collectionner les jours comme des points fidélité.











