Pourquoi les enfants peu félicités développent ce comportement étonnant à l’âge adulte

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Pourquoi les enfants peu félicités développent ce comportement étonnant à l’âge adulte

Imaginez un instant : un adulte qui, même après avoir passé la serpillière comme un as ou mené à bien un projet, attend fébrilement un sourire, un « bravo » ou ne serait-ce qu’un clin d’œil approbateur. D’où vient donc ce besoin de reconnaissance, voire cette discrète difficulté à croire en ses propres capacités ? Eh bien, il semblerait que tout commence bien plus tôt, dans la tendresse (ou la sécheresse) des «bravos» qu’on distille aux enfants.

L’éloge, bien plus qu’un compliment

Ce que nous intégrons dans l’enfance, nous le traînons souvent, joyeusement ou précautionneusement, jusqu’à l’âge adulte. C’est pourquoi il est crucial, dès le plus jeune âge, que les enfants sentent que « les anciens » – parents, enseignants ou adultes en tout genre – sont réellement concernés et attentifs à leurs réalisations.

On croit parfois qu’un éloge, c’est simple. Un compliment par-ci, un sourire par-là, et hop ! L’estime de soi est au sommet. Mais l’éloge, en réalité, est un petit bijou pédagogique à manier avec délicatesse. Oui, il façonne la confiance des enfants en eux-mêmes, leur motivation et la perception de leurs capacités. Oui, il peut booster, soulever les montagnes, transformer un “bof” en “wahou”. Mais mal employé, il se retourne contre nous – et surtout contre l’enfant ; c’est le revers de la médaille.

Encourager sans flatter : une subtilité précieuse

Dès la toute petite enfance, se sentir reconnu et valorisé est vital. Les encouragements sont les fondations de la confiance et de l’estime de soi. Rien n’incite davantage un enfant à persévérer que le sentiment que ses efforts comptent vraiment. Les compliments justement choisis deviennent alors des moteurs, poussant à se dépasser et se fixer de nouveaux objectifs.

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Attention, néanmoins, à ne pas confondre éloge et flatterie. La flatterie, c’est un peu comme une mousse au chocolat industrielle : ça flatte le palais, mais ça manque de sincérité – et sur le long terme, ça ne nourrit pas. “Tu es le meilleur !” ne vaut pas grand-chose s’il n’est pas appuyé sur des faits concrets. L’éloge véritable, lui, est ciblé, précis, axé sur les efforts ou les qualités manifestées : “Tu as vraiment bien travaillé sur ce dessin, j’aime beaucoup les couleurs que tu as choisies.” Là, ça sonne vrai !

Les écueils de l’éloge évaluatif… et comment les éviter

L’un des pièges les plus répandus, c’est l’éloge évaluatif. Vous savez, ces jugements globaux types :

  • “Tu es très intelligent.”
  • “C’est un travail parfait.”

Cela semble inoffensif, mais ces petites phrases sont perfides. Un compliment vague ou englobant peut, au fil du temps, créer chez l’enfant une pression à être toujours à la hauteur et une crainte de décevoir. Pire, l’enfant risque d’orienter ses efforts non pour progresser, mais pour obtenir ce fameux « tampon de perfection ».

Pour faire mouche – et aussi pour éviter de transformer la confiance en anxiété – mieux vaut l’éloge descriptif. Celui-ci consiste à apprécier précisément ce qui a été fait, sans jugement global. Finis les “beau dessin !”. Préférez plutôt : “J’aime beaucoup la façon dont tu as représenté le mouvement des nuages.” C’est concret, ça porte sur l’effort, et c’est nettement plus constructif.

L’attitude qui fait toute la différence

Mais attention, l’éloge ne s’arrête pas à la parole. L’attitude générale des adultes compte tout autant.

  • Un regard bienveillant
  • Une écoute attentive
  • Un sourire engageant
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Tout cela contribue à installer un sentiment de valeur et d’amour chez l’enfant. Sans oublier l’importance de célébrer chaque petite victoire. Même les progrès timides méritent reconnaissance – preuve que l’effort, plus que le résultat, est le socle d’une évolution saine.

En définitive, l’éloge est un outil puissant, presque magique, mais une magie qui demande doigté et réflexion. Choisir ses mots, soigner l’attitude, rester bienveillant, voilà la vraie recette pour permettre aux enfants de construire une estime de soi solide et de s’épanouir.

Un dernier clin d’œil pour la route : Arnaud Follin-Arbelet, journaliste, distingue à merveille l’éloge constructif du superficiel, véritable boussole pour tous ceux qui veulent féliciter sans flatter. Un travail bien mené, et ça, il faut le dire !

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