“Surdoué” ou HPI : la vérité que personne n’ose vous dire

Partagez sur :

N’y allons pas par quatre chemins : les « surdoués », ou hauts potentiels intellectuels (HPI) pour les intimes, sont entourés de mythes tenaces. Non, ils ne sont pas tous des génies éparpillés façon Einstein, ni des machines à calculer dénuées de défauts. La preuve : même s’ils raisonnent parfois à cent à l’heure, certains doutent d’eux-mêmes et se sentent aussi paumés que n’importe qui devant une notice de meuble suédois.

Le vrai visage des surdoués : oubliez les clichés !

Dans l’imaginaire collectif, le surdoué – pardon, le HPI, la précocité, le zèbre : on en reparle, promis – serait un crack des maths, premier de la classe et prototype du génie. Pas si vite : la réalité est tout autre. Bien souvent, ces personnes peinent à s’identifier à l’image qu’on leur colle. Certains sont heureux, d’autres moins ; tous n’ont pas connu la vie de rêve et beaucoup ne ressemblent absolument pas à Morgane, le personnage (un brin loufoque) incarné par Audrey Fleurot dans la série HPI sur TF1.

Petit guide (non exhaustif) du surdoué selon les pros

Monique de Kermadec, psychologue spécialiste de la précocité, l’explique ainsi : ce qui distingue un surdoué, c’est une capacité intellectuelle hors du commun. Mais il ne s’agit pas que de battre des records au test de QI ! Concrètement :

  • L’enfant paraît souvent plus mûr, plus adulte dans ses questionnements et sa compréhension du monde.
  • L’adulte attire l’attention par la complexité de ses raisonnements, sa façon d’explorer les questions de son entourage.
  • Il y a une véritable différence de pensée, une façon bien à soi de gérer l’information.
A LIRE :  Ce que vous ne savez pas sur les hérissons : découvrez leur message caché.

Sí des tests de QI mesurent un aspect de tout cela, rien ne remplace (selon Monique de Kermadec) le regard global sur le monde, la subtilité du rapport aux autres. Elle-même en a fait des livres, comme L’Adulte surdoué : apprendre à faire simple quand on est compliqué ou encore La femme surdouée : double différence, double défi. Tout un programme.

Être surdoué : un marché, des doutes et des questions pour la vie

Impossible d’ignorer le succès du sujet : livres, tests, conseils, il existe maintenant tout un business autour de la détection des enfants surdoués. Beaucoup de parents, souvent soucieux de bien faire, se demandent si leur progéniture ne cacherait pas un génie sous ses bouclettes. Le phénomène est à la mode.

Mais qu’en est-il des adultes ? On en parle moins… Pourtant, ces enfants singuliers deviennent des adultes tout aussi singuliers. Le fait d’être surdoué ne passe pas avec l’âge, spoiler alert. D’ailleurs, de nombreuses personnes découvrent à l’âge adulte leur haut potentiel intellectuel, souvent après la lecture d’un livre, un détour par le cabinet d’un psy, ou parce leurs propres enfants passent par là. Soudain, des souvenirs de décalage prennent sens. Certains adultes HPI s’en accommodent, certains l’utilisent comme un atout, d’autres en souffrent.

Surdoué, HPI, zèbre : un casse-tête sémantique

Le débat commence dès qu’il faut nommer les choses. Dans le langage courant, les termes sont multiples :

  • surdoué
  • haut potentiel intellectuel
  • précocité
  • zèbre

Mais attention, cela se complique. Le mot « surdoué » a été inventé par un pédopsychiatre dans les années 1940. En France, il gêne, parce qu’il évoque une différence qui met mal à l’aise. Ce mot traîne l’idée de supériorité, alors qu’en réalité les surdoués ne sont pas forcément premiers de la classe et les adultes surdoués n’ont pas tous des carrières pétaradantes. Parfois même, le terme dérange au sein de la population concernée. On cherche donc des expressions plus neutres, même si elles ne sont pas très scientifiques.

A LIRE :  Voici la plante étonnante qui attire enfin chance et prospérité chez vous

Parler d’« intellectuellement précoce » cadre bien avec l’enfance, mais ne rend pas justice à l’adulte qui, même une fois grandi, reste différent dans sa façon de fonctionner. Jeanne Siaud-Facchin, autre psychologue, a donc proposé « zèbre » : un équidé insaisissable que l’humain n’apprivoise jamais et qui se distingue joyeusement du troupeau.

Au final : la vérité inconfortable que personne n’ose vous dire, c’est que les surdoués forment un univers de différences, loin des caricatures ou des stéréotypes galvaudés. Ils avancent avec leurs forces, leurs failles – et leurs rayures, bien sûr.

Nos derniers dossiers