Trois ans en mer avec leurs enfants : leur choix fou qui fascine
Un projet familial hors norme… ou presque !
Partir sillonner les océans en famille, ça fait rêver plus d’un. Mais quand le papa est marin hauturier, ingénieur naval, skipper et, excusez du peu, détenteur du Trophée Jules-Verne autour du monde, et que la maman n’est autre que la cofondatrice du tout premier espace collaboratif de Lorient (La Colloc pour les intimes), on se dit que l’aventure a du coffre. Gwénolé et Anne-Laure Gahinet, la trentaine fringante, n’ont pas choisi la petite croisière ordinaire. Sur leur catamaran de 47 pieds, ZaïZaï, ils voguent en famille, avec leurs deux filles âgées de 3 et 4 ans, vers une nouvelle façon de vivre – et pas juste pour la carte postale.
Changer de cap : une longue traversée… intérieure
À l’arrivée de leurs enfants, le constat est tombé comme un coup de vent imprévu : « Nous avons eu peur de passer à côté de notre vie qui, bien que très remplie, n’allait pas dans le bon sens. Ce n’était pas la recette du bonheur », confient-ils. Alors, aller chercher cette recette du bonheur, c’est tout l’enjeu de leur voyage. Car pour eux, pas question d’une parenthèse ou d’une simple pause, mais d’un projet à long terme qu’ils partagent d’ailleurs sur leur site Aventure-ZaïZaï. Leur objectif ? « Adopter un mode de vie sobre et résilient, travailler, consommer, éduquer et voyager différemment. »
La vie à bord, vue depuis l’extérieur, c’est la joie, la glisse, les eaux turquoise, les balades et la plongée à gogo. Mais sous la coque, il y a d’autres marées. Anne-Laure, originaire de Nantes, confie que cette aventure, c’est aussi son lot d’expériences de joie… et de peine. Exit l’image du bonheur sans orages ! Car l’aventure est d’abord introspective : « Nous avons envie que notre vie soit une aventure. Mais cela nécessite beaucoup de travail pour trouver un bon équilibre. Notre psy, c’est ce voyage… »
Loin de filmer un long spot publicitaire, Anne-Laure l’avoue : « Le voyage en bateau n’est pas fait pour tout le monde, mais l’idée du break, si. Cela peut être violent, et il faut bien se préparer. » Pourtant, même bien armés, les premiers temps ont été rudes. Le rapport à soi et aux autres, parfois secoué, a pu devenir douloureux. Mais le duo a su transformer l’expérience en quelque chose de « cool » – on imagine aussi que l’humour a aidé.
Nouveau quotidien, nouvelle éducation… nouvelles habitudes
Sur le pont du ZaïZaï, Anne-Laure a aussi dû se réinventer. Elle qui avait pris l’habitude d’être « une performeuse » s’est vue contrainte d’abandonner cette carapace, tout en gardant un pied (ou plutôt une main sur le clavier) chez La Colloc, à Lorient. Aujourd’hui, Anne-Laure ressort plus convaincue que jamais de l’intérêt à porter aux nouvelles façons de travailler, et glane d’ailleurs des éléments pour de futures conférences. Un nouvel horizon professionnel ?
Côté cours d’école – qui flotte un peu ici ! – pas question de transformer le catamaran en salle de classe. Le credo du couple : « Laissons-les tranquilles ! » Les matins ne débutent pas devant un cahier, mais à la découverte de l’imprévu : animaux marins, escales, météo capricieuse, gestion du quotidien… Bien sûr, un cadre clair est posé, mais le quotidien est celui d’une aventure en famille, sur fond d’incertitude joyeuse.
Demain, toujours plus loin… mais autrement
À l’issue d’une transatlantique retour annoncée comme « plutôt pêchue » par Anne-Laure, les fillettes retrouveront les bancs de l’école dès juin 2022. Mais le retour sur terre ferme ne sera que temporaire : dès l’automne, cap sur une saison 2, direction le Mexique cette fois, avec un objectif on ne peut plus clair : sobriété, zéro déchet, zéro achat neuf. Si ça, ce n’est pas de l’engagement ! Un nouveau voyage, le tout en compagnie de Corentin de Chatelperron, dont le Low Tech Lab prône lui aussi l’art de faire mieux avec moins.
- Un catamaran de 14 m comme maison et laboratoire de sobriété
- Des expérimentations pour vivre différemment, sans superflu
- Un partage sincère de la réalité, entre joies, questionnement et tempêtes
En résumé, la vie à bord du ZaïZaï n’est ni une utopie, ni une fuite, mais la recherche obstinée du sens et de l’équilibre, là où l’aventure ne se vit pas qu’en mer, mais aussi à l’intérieur de soi. Peut-être la recette secrète n’est-elle jamais vraiment trouvée… mais la quête, elle, en vaut la peine. Alors, prêt à larguer les amarres, ne serait-ce que dans le regard que vous portez sur votre quotidien ?












