Quand l’hiver débarque, la plupart des massifs jardinent… la grisaille. Mais pour Alan Titchmarsh, célèbre jardinier britannique et figure de la BBC, pas question de laisser son extérieur sombrer dans la morosité saisonnière. Place à un jardin qui déborde de couleurs, même lorsque le mercure frôle le zéro ! Alan partage ainsi sa sélection de cinq fleurs d’hiver à planter maintenant, tout en dressant la liste noire de deux espèces qu’il bannit sans appel.
Cinq alliées pour un jardin d’hiver en couleurs
- Bouquet de bruyères d’hiver ‘Beauty Queen’
- Camélias Yuletide et sasanqua
- Pensées hivernales sélectionnées
- Hellebores, vedettes éphémères mais vaillantes
- Le mahonia ‘Winter Sun’, l’arbuste qui déchaîne les avis
La mission d’Alan Titchmarsh ? Offrir « de petites touches de couleur tout l’hiver jusqu’au printemps », explique-t-il au Mirror. Président du Garden Museum de Londres — un lieu qui a même séduit la reine Camilla — Alan persiste et signe : la beauté l’hiver, ce n’est pas du bluff. Dans sa sélection, il propose des espèces robustes mais aussi un arbuste controversé et, secret bien gardé, une « bête noire » végétale à éviter absolument.
Les immanquables : bruyère, camélia, pensée et hellébore
Pour réveiller le jardin quand tout semble endormi, Alan mise d’abord sur la bruyère d’hiver, avec une tendresse particulière pour la variété « Beauty Queen ». Son conseil est précis : « Plantez-les à 45 centimètres de distance, elles finiront par former un tapis épais. » Ces petites résistantes raffolent des terres acides, ou des bacs remplis de terre de bruyère lorsqu’on manque d’espace.
Il complète ce duo initial avec les camélias à feuillage brillant, notamment les variétés « Yuletide » et sasanqua. Pour garantir leur succès, Alan recommande une terre acide, fraîche, et un emplacement à l’abri des vents froids et du soleil matinal (les camélias sont parfois farouches au réveil…).
Pour ceux qui veulent de la couleur à portée de regard, place aux pensées choisies pour fleurir en hiver. En bordure ou en bac, soleil ou légère mi-ombre, elles s’épanouissent là où vous les imaginez, mais Alan confie les préférer près de l’entrée : « Encore mieux dans un contenant près de la maison, pour voir ces visages souriants à chaque passage. »
Enfin, coup de cœur absolu du jardinier : les hellébores. Ces vivaces fleurissent souvent « juste à temps pour les fêtes » et tiennent plusieurs semaines. Flexibles, c’est leur deuxième prénom : elles acceptent la mi-ombre, différents types de sols et offrent une palette bluffante : blanches, jaune pâle, vertes, cramoisies, tachées, pourprées… Il cite même l’Helleborus glandorfensis, championne de la tenue au fil de l’hiver.
Un arbuste qui ne laisse personne indifférent
Parmi sa sélection, Alan glisse un invité qui ne fait pas l’unanimité : le mahonia ‘Winter Sun’. Cette plante « qui divise les avis mais que j’aime en hiver » s’affiche fièrement grâce à ses grandes grappes jaunes très parfumées. Selon Alan, « si l’on regarde de près, chaque fleur ressemble presque à une petite jonquille ». Son feuillage piquant ne plaît pas à tous, mais il confère du caractère au fond de massif. Côté entretien, rien de tel qu’une taille dynamique : « Quand il commence à devenir trop haut, une fois la floraison terminée au printemps, coupez-le franchement juste au-dessus d’une feuille basse. Il va repartir et se ramifier. » Voilà qui promet une silhouette plus harmonieuse !
Bannis du paradis : chou ornemental et herbe de la pampa
Si Alan a ses poulains, il tient aussi à éloigner deux « ennemis » du jardin d’hiver. Premier sur la sellette : le chou ornemental. Avec une ironie non dissimulée sur sa chaîne YouTube, Alan lance : « Où avez-vous déjà vu une rosette plus éclatante, le plus beau spécimen de la vie végétale… Oh, je plaisante. Je ne vous le souhaite pas ! » Il concède que certains jardiniers l’aiment bien mais ne compte pas l’adopter — trop sensible aux pucerons, altises et chenilles de la piéride. Dès que les températures remontent, le chou jaunit ou pourrit, là où les hellébores restent impeccables.
Autre adversaire : l’herbe de la pampa. Désormais interdite en France pour cause d’invasion virulente, elle ne trouve aucune grâce aux yeux du jardinier. Dans le podcast Talking Gardens, Alan la décrit comme « un amas de plumes émergeant d’une montagne d’herbe » et avertit qu’il est très difficile de s’en défaire.
En conclusion : Pour un hiver haut en couleur mais sans mauvaise surprise, mieux vaut suivre la ligne claire tracée par Alan Titchmarsh. Miser sur les bruyères, camélias, pensées, hellébores et le mahonia, tout en boudant chou ornemental et herbe de la pampa, c’est s’assurer un jardin vivant et gai, même quand tout dort alentour… Et s’il vous vient l’envie de tester l’intrus, rappelez-vous : Alan veille, sécateur en main !












